La coopération culturelle et technique

Dans ce grand pays anglophone entouré de pays francophones et qui constituent ensemble une région en marche vers son intégration, l’apprentissage du français est un impératif du même ordre que celui de la langue anglaise en France. Mais dans ce grand pays africain, confronté depuis deux décennies à des problèmes économiques majeurs, le système éducatif, qui fût l’un des plus brillants d’Afrique dans les années 60, peine désormais à remplir ses missions. L’appui à l’enseignement du français et à son renforcement constitue dès lors la première priorité de notre coopération.

Cet appui passe par une coopération étroite avec le ministère fédéral de l’Education et s’est concrétisé avec la mise en place d’un réseau de plus de 179 écoles secondaires et 24 institutions supérieures pilotes tandis que 3 établissements spécialisés (les centres de formation des professeurs de français de Jos, Enugu et Ibadan, ainsi que le « French Language Center » d’Ikeja - Lagos) assurent la formation continue des enseignants du français. L’ambassadeur de France au Nigeria a par ailleurs inauguré en janvier 2007 les nouveaux bâtiments de l’école de musique de Peter King, à Badagry, dans l’Etat de Lagos.

En outre, cet appui à l’enseignement du français prend la forme d’une offre directe de cours dans 10 établissements (9 Alliances françaises et 1 centre culturel français à Abuja) et d’un programme de formation des professeurs en partenariat avec des organisations extérieures, (Agence Internationale de la Francophonie, Organisation intergouvernementale de la francophonie et divers organismes de formation professionnelle). Ces formations permettent d’augmenter le nombre de professeurs de français, mais aussi de rendre leur pédagogie plus moderne et plus attractive.

Les établissements culturels, principalement l’Institut français d’Abuja et l’Alliance française de Lagos, s’attachent en outre à ouvrir des fenêtres sur la culture française et susciter des échanges entre artistes français et nigérians.

Ainsi, depuis une dizaine d’années, la danse contemporaine nigériane a été en contact continu avec l’école française de danse et depuis 2001, elles ont leur rendez-vous annuel à Lagos avec Danse meets Danse.

Ce sont également le théâtre, les arts plastiques et la musique des deux pays que les établissements culturels français du Nigeria font vivre tout au long de l’année à travers des spectacles et des festivals au profit de plusieurs milliers de spectateurs. Sur le plan des études en France, notons que plusieurs jeunes artistes de haut niveau bénéficient également de bourses de formation en France.

Le cinéma, la télévision, la radio, sont de puissants vecteurs de communication entre cultures dès lors qu’ils acceptent de se tourner vers les autres. Le cinéma francophone, dont la qualité est reconnue et le secteur de la production de vidéo nigériane qui est l’un des plus prolifiques au monde se connaissent mal. La coopération française travaille à leur rapprochement. Elle assure également la promotion de contenus en français dans les médias nigérians.

Illustrations de la coopération franco-nigériane dans le domaine de l’audiovisuel, il faut relever l’installation à Lagos, dans les locaux de Voice of Nigeria, d’une équipe de journalistes de RFI qui produit des émissions en langue haoussa, ainsi que la radio Unilag basée à Lagos qui diffuse non seulement des programmes en français (chansons françaises…) mais également deux journaux quotidiens d’information en langue française.

Une véritable intimité culturelle ne peut cependant s’établir que lorsqu’un nombre significatif d’étudiants ou de jeunes chercheurs se frottent aux universités de l’autre pays. L’Institut de Recherches en Afrique (IFRA) d’Ibadan offre cette possibilité à de jeunes doctorants en sciences sociales français et nigérians en même temps qu’il constitue un pôle de recherche vivant au Nigeria. Depuis septembre 2006, l’IFRA dispose d’une antenne rattachée à l’Université de Zaria.

Cet intérêt pour les questions de langue et de culture n’est pas exclusif d’un engagement aux côtés du Nigeria pour favoriser son développement. La France apporte son appui financier dans ce domaine par le biais du Fonds Européen de Développement (FED). Pour la période 2008-2013, l’enveloppe du FED en faveur du Nigeria s’élève 689 millions d’€ (142 milliards de Nairas) dont la France finance 19,55% soit environ 135 millions d’€ (27,8 milliards de Nairas). Ces sommes sont utilisées dans le cadre du Programme Indicatif National (PIN) signé entre la Délégation de l’Union Européenne et le Nigeria qui cible 4 principaux secteurs : la paix et la sécurité, la gouvernance et les droits de l’homme, le commerce et l’intégration régionale et des points clés en matière de développement tels que l’environnement, la santé, l’adaptation aux changements climatiques ou encore des projets de développement communautaires (micro-projets).

Par ailleurs, la France est également présente au Nigeria depuis fin 2008 par le biais de l’Agence Française de Développement (AFD) qui apporte des financements sous la forme de prêts bonifiés pour la réalisation d’infrastructures au service de la population (transports, eau et assainissement notamment).

La France apporte également une aide financière ponctuelle qui vient en appui à des initiatives de la société civile nigériane par le biais du Fonds Social de Développement (FSD) mis en place par l’Ambassade. Le FSD a permis de soutenir près de 60 petits projets de développement communautaire depuis 2000, pour un montant total de 2,2 millions d’Euros d’engagements.

Des bourses pour des études de 3ème cycle sont également offertes chaque année et des partenariats techniques entre universités, bien que séparées par la langue et leurs traditions éducatives, sont en voie de concrétisation. C’est notamment le cas de l’enseignement des technologies de la communication et de l’information avec la mise en route du projet SIST qui vise à rendre les informations scientifiques et techniques plus accessibles.

D’autres programmes, dans les domaines du patrimoine (muséologie et art contemporain), de la sécurité ainsi que de la gestion des affaires publiques et de la lutte contre la corruption en sont encore aux premiers stades de leur développement.

Le Nigeria et la France, déjà vieux partenaires commerciaux, découvrent ainsi progressivement par notre action leurs cultures respectives et les formidables potentiels humains qu’ils recèlent.

Dernière modification : 18/06/2012

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